A 22 ans, le Colmarien Eric Rosenstengel réalise son rêve : ouvrir un bar en l’honneur de son idole, Mylène Farmer. Dans son « Mylenium tour » le transformiste, qui a déjà interprété la chanteuse sur scène, mettra à l’honneur la divine rousse, devenue l’icône des gays. Pour Eric, Mylène Farmer n’était qu’une « rousse, sans plus ». Une chanteuse dont il ne connaissait pas le répertoire si ce n’est les standards, « Sans contrefaçon », « Libertine », « Pourvu qu’elles soient douces ». Eric a commencé à s’intéresser à elle lorsqu’un ami, organisateur de soirées, lui a lancé un défi : « Il m’a proposé de monter sur scène et d’interpréter un artiste. J’ai tout de suite pensé à Mylène Farmer sans vraiment savoir pourquoi ». Le Colmarien se prend au jeu.
Il confectionne un costume, une perruque, regarde en boucle les concerts de la sulfureuse chanteuse. Et c’est en écoutant le « Live à Bercy » de 1997, et notamment l’interprétation de « L’autre », qu’il succombe au charme de celle qui va peupler son quotidien. Eric devient alors Mylénie Farmer, son nom de scène. Transformiste, il fait sa première sortie à Mulhouse en 2003, se produit également dans les Vosges. Il côtoie le monde des fans, pas toujours faciles à séduire. « Ils ne veulent pas partager Mylène. Ils sont très critiques sur ton maquillage, tes vêtements. Ils recherchent la perfection ». Sa passion pour Farmer va le conduire à réaliser son rêve : ouvrir un bar en hommage à l’artiste. Tout simplement baptisé « Mylenium tour » (nom de la 3e tournée, en 1999/2000), le troquet, situé rue Edouard-Richard, qui remplace le Liquid bar, en liquidation judiciaire, devrait ouvrir ses portes mi-octobre.
« Le concept est simple, résume le gérant, on va retrouver Mylène Farmer », à travers ses couleurs fétiches (bleu, noir), des mannequins, dont un couché dans un cercueil, les costumes qu’elle portait lors de ses tournées, deux écrans diffusant ses clips et bien évidemment sa musique. « Mais on passera aussi de l’électro ou du dance floor », assure Eric pour qui le bar doit s’ouvrir à toutes les clientèles. Et pas simplement aux gays pour qui Mylène Farmer est devenue une véritable icône. « Elle a une scénique exceptionnelle et les gays adorent ça. Mais elle a surtout su mettre en valeur le sexe », sourit Eric.
Seul problème, mais de taille, dans cette aventure, le voisinage et les nuisances sonores. « Les riverains ne supportaient plus la musique à fond et les clients fumant sur le trottoir », indique Eric. Lui a déjà écrit à tous ses voisins pour les prévenir de l’imminente ouverture de son bar et des mesures qu’il compte prendre pour éviter tout dérapage. « Déjà, nous installons un fumoir à l’intérieur de l’établissement. Puis on accompagnera les clients à la sortie du bar. On respectera les décibels. L’objectif est de découvrir le monde de Mylène tout en douceur… »
Celui qui a incarné la divine rousse plusieurs fois sur scène va reprendre du service. « Mylénie Farmer sera de retour », promet Eric qui enfilera un costume dès l’inauguration du bar. Source : Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

